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Question écrite n° 7-2194

de Philippe Courard (PS) du 8 février 2024

au vice-premier ministre et ministre de la Mobilité

Société nationale des chemins de fer belges (SNCB) - Guichets - Heures d'ouverture - Adaptation - Impact sur les voyageurs - Discrimination - Fracture numérique - Mesures - Présence en gare - Diminution - Concertation avec les syndicats - Résultat

Société nationale des chemins de fer belges
fossé numérique
transport public
titre de transport
gare ferroviaire
province de Luxembourg

Chronologie

8/2/2024Envoi question (Fin du délai de réponse: 14/3/2024)

Question n° 7-2194 du 8 février 2024 : (Question posée en français)

Vu la répartition des compétences entre le niveau fédéral et les Régions en matière de mobilité et plus particulièrement concernant le transport public, plusieurs mécanismes de concertation ont été mises en place entre l'État fédéral et les Régions et ce, tant au niveau des exécutifs qu'au niveau des administrations et des sociétés de transports publics dont la Société nationale des chemins de fer belges (SNCB). Actuellement on compte cinq mécanismes de concertation entre la SNCB et les opérateurs de transport régionaux. La transversalité de la question étant suffisamment démontrée, son dépôt au Sénat prend tout son sens.

Plusieurs décisions ont été prises récemment au niveau de la direction de la SNCB.

Tout d'abord, la SNCB va à nouveau adapter les heures d'ouverture des guichets dans la plupart des gares à partir du 1er mars 2024. Seules quatre gares ne connaîtront aucune modification, d'après l'agence Belga.

Il s'agit par exemple de trente-trois gares où les guichets n'ouvriraient plus le week-end. Dans d'autres gares, soit une fermeture dominicale est prévue, soit les guichets n'ouvrent plus que le matin en semaine. Dans d'autres stations encore, les heures d'ouverture seront soit déplacées soit raccourcies.

Les syndicats estiment que la mesure de la SNCB réduit la prestation de services aux voyageurs. Le syndicat socialiste ACOD/CGSP (Algemene Centrale openbare diensten / Centrale générale des services publics) précise que la compagnie s'est engagée à se concerter autour de ces adaptations. Les syndicats s'inquiètent tant de l'avenir des personnes impliquées que de l'impact de ces mesures d'économies sur les voyageurs, en particulier ceux à mobilité réduite.

Avec cette mesure, la SNCB entend s'adapter à la hausse des ventes de billets par voie numérique. Actuellement, seul un billet de train sur dix est acheté au guichet, contre un sur deux en 2015. Les 90 % restant le sont aux automates de vente installés dans les gares, sur le site Internet de la SNCB ou via son application, justifie l'entreprise.

J'ajouterai que tous les bons usagers de la SNCB diront qu'ils ont déjà rencontré, lors de l'achat de tickets ou du renouvellement de leur abonnement, des difficultés techniques avec les automates et que dans ce cas, le guichet avec une présence humaine reste une valeur sûre.

En outre, la diminution du nombre de transactions aux guichets n'est pas surprenante, dès lors que la SNCB organise la fermeture des guichets ou prévoit une adaptation très restrictive des heures d'ouverture. Les voyageurs n'ont pas d'autre choix que de se tourner vers les canaux numériques.

Ensuite, il convient de mentionner le projet «présence en gare». Il s'agit à la base d'un projet de réorganisation du personnel présent en gare qui a pour but de revoir les tâches des différents agents et d'augmenter leur mobilité. Selon la CGSP Cheminots Luxembourg, ce projet entraînera la perte de vingt équivalents temps plein dans les gares de Bertrix, Libramont, Jemelle et Marloie.

S'il est nécessaire qu'une société comme la SNCB gère au mieux les subventions qu'elle reçoit, cela ne doit en aucun cas se faire au détriment de sa mission première de service public aux citoyens.

Il convient de préciser que si la numérisation est une réalité, la fracture numérique en est un autre. Cela risque à nouveau de fragiliser en particulier les aînés et ceux qui désirent payer en espèces, notamment les personnes en situation de précarité.

Certains ne manquent pas d'ajouter que ces mesures n'ont d'autre objectif que de générer des économies et qu'elles n'apportent aucune solution sur le plan opérationnel.

En outre, à l'heure où toutes nos politiques convergent vers la promotion des transports publics – dont le train –, ces dernières décisions de la direction de la SNCB ne donnent-elles pas un message totalement opposé à cet objectif de «faire du train le moyen de transport durable, confortable, sûr et inclusif par excellence pour nos voyageurs fidèles? Ou encore de «faire du train la colonne vertébrale de la mobilité de demain en ambitionnant une augmentation de 30 % des voyageurs au cours des dix prochaines années» comme le prévoit le Plan de transport SNCB 2023-2026?

1) Concernant le projet «présence en gare», sur quelles mesures a débouché la concertation avec les syndicats?

Concernant la décision de réduire les heures d'ouverture des guichets:

2) Pourriez-vous communiquer les horaires d'ouverture des guichets des gares qui seront modifiés au 1er mars 2024 sous la forme d'un tableau comparatif «avant-après»?

3) Quel sera le nombre total d'heures qui seront supprimées sur l'ensemble de la Belgique?

4) Quelles sont les répercussions de ces suppressions en termes d'économies pour la SNCB?

5) Sur la base de quels critères concrets s'est basée la SNCB pour décider de ces réductions d'horaires?

Comme je le soulignais, les gares de la provine de Luxembourg ne sont évidemment pas épargnées. À titre d'exemple, la gare de Marloie a déjà vu en 2019 son horaire d'ouverture des guichets réduit en semaine de 6 h 00 à 13 h 15 et le samedi de 8 h 15 à 15 h 30. Le 1er mars 2024, ces guichets ne seront plus accessibles qu'en semaine de 7 h 00 à 10 h 15 et seront fermés le week-end. Avec la réduction des heures d'ouverture des guichets et la réduction de personnel en gare, la gare de Marloie, pour ne citer qu'elle, n'offrirait plus qu'un accueil sporadique et aléatoire aux voyageurs.

6) Quelles solutions pouvez-vous avancer pour que les citoyens utilisant des gares concernées par ces suppressions, comme celle de Marloie, ne soient pas discriminés?

7) Quelles garanties pouvez-vous apporter face au risque d'agrandissement de la fracture numérique provoqué par ces suppressions?

8) Quelles preuves pouvons-nous avoir du maintien du service offert par la SNCB qui va à nouveau être amputé d'un maillon important de sa chaîne?

9) Enfin, ce réaménagement des heures d'ouverture des guichets de la SNCB aura-t-il un impact sur les autres sociétés régionales de transport en commun dans la mesure où certains utilisateurs pourraient se détourner du train et, partant, des autres modes de transport en commun?