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Question écrite n° 4-5246

de Louis Ide (Indépendant) du 7 décembre 2009

à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l'Intégration sociale

Institut national d’assurance maladie-invalidité (Inami) - Feed-back en matière d’antibiotiques - Répartition régionale - Chiffres pour l’année 2008

Institut national d'assurance maladie-invalidité
antibiotique
statistique officielle
répartition géographique

Chronologie

7/12/2009 Envoi question (Fin du délai de réponse: 8/1/2010 )
14/1/2010 Réponse

Réintroduction de : question écrite 4-3259

Question n° 4-5246 du 7 décembre 2009 : (Question posée en néerlandais)

Par le passé, j’ai déjà adressé au ministre de la Santé publique la question écrite n° 4-138 relative au feed-back en matière d’antibiotiques. Il est utile de revenir sur le sujet et de suivre son évolution à l’aide de chiffres plus récents. La prescription inadéquate d’antibiotiques entraîne en effet une surconsommation. La surconsommation n’a pas seulement un impact sur le budget des médicaments mais, plus grave encore, elle donne à son tour lieu à une plus grande résistance ou à des bactéries résistantes. Cela a des répercussions considérables sur la santé publique. Il s’agit d’un problème mondial et régional.

En consultant les rapports annuels de l’European Surveillance of Antimicrobial Consumption (ESAC), on constate que plus on se dirige vers le nord de l’Europe, plus la consommation d’antibiotiques est faible et plus les bactéries sont encore sensibles. Plus on va vers le sud, plus les bactéries deviennent résistantes et plus la consommation d’antibiotiques est forte. Plus on se trouve au nord, plus on utilise de « vieux » antibiotiques à spectre étroit ; plus on se trouve au sud, plus on prescrit de « nouveaux » antibiotiques à large spectre.

En ce qui concerne le staphylocoque doré résistant à la méthicilline (SDRM), la situation en Belgique se dégrade depuis quelques années : la Belgique adopte à cet égard un profil « latin » (rapport de l’ESAC de 2006). Les Pays-Bas auraient plutôt un profil « scandinave » ou « calviniste ». Le SDRM est lié, entre autres facteurs, à l’utilisation d’antibiotiques. Selon l’Institut scientifique de santé publique, on dénombre 2,4 SDRM pour 1000 hospitalisations en Flandre, 3,9 en Wallonie et 7,8 à Bruxelles. L’Enterobacter Aerogenes multiresistant (MREA) se rencontre également plus fréquemment en Belgique francophone. Cela laisse présumer une consommation plus élevée d’antibiotiques, principalement au sud de la frontière linguistique, consommation qui représente en outre un coût énorme pour la société.

Au total, la Wallonie consommerait 30% d’antibiotiques en plus que la Flandre (Journal du Médecin, 2001). La frontière linguistique marque une rupture en matière de soins entre la Flandre et la Wallonie, et même au niveau de l’Europe, constatation qui est d’ailleurs confirmée par D. Monnet (Copenhague).

En décembre 2007, l’Inami a envoyé un feed-back à 10.063 médecins généralistes et à 70 maisons médicales concernant leur comportement prescripteur en matière d’antibiotiques. Ce feed-back avait trois objectifs :

- informer les médecins généralistes sur les recommandations scientifiques les plus récentes par rapport à la prescription ambulatoire de traitements anti-infectieux ;

- fournir des chiffres sur le propre comportement prescripteur en matière de médicaments ;

- stimuler une utilisation rationnelle d’antibiotiques, essentielle pour enrayer l’augmentation de la résistance microbienne.

Cependant, ces chiffres ne sont que des chiffres nationaux. C’est pourquoi je souhaite poser les questions suivantes à la ministre :

1. Quels sont les chiffres de ce feed-back pour les différentes régions (Flandre, Wallonie, Bruxelles) ? En d’autres termes, je voudrais obtenir une ventilation complète par région de toutes les classes thérapeutiques d’antibiotiques telles qu’elles sont utilisées dans le programme de feed-back et ce, pour l'année 2008.

2. La ministre peut-elle ventiler les chiffres selon qu’il s’agit des médecins généralistes, d’une part, et des maisons médicales, d’autre part, et ce, pour l'année 2008 ?

3. Quels sont les chiffres de ce feed-back pour les différentes provinces ? En d’autres termes, je souhaiterais obtenir une ventilation complète par province pour toutes les classes thérapeutiques d’antibiotiques telles qu’elles sont utilisées dans le programme de feed-back et ce, pour l'année 2008.

4. La ministre peut-elle ventiler ces chiffres provinciaux selon qu’il s’agit des médecins généralistes, d’une part, et des maisons médicales, d’autre part, et ce, pour l'année 2008 ?

Réponse reçue le 14 janvier 2010 :

Le programme de feedback est élaboré par la Plate-forme Promotion de la Qualité. Cette plate-forme est un groupe de travail du CNPQ (Conseil national de promotion de la qualité), un organe de l’Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI).

Le CNPQ a donné la mission à l’Agence intermutualiste (AIM) d’élaborer un nouveau feedback antibiotiques 2009 pour les médecins généralistes et les maisons médicales. Ce nouveau feedback antibiotiques 2009 concerne les données de prescription de l’année 2007.

Ce nouveau feedback individuel antibiotiques 2009 sera envoyé dans le courant du mois de décembre aux médecins généralistes travaillant solo, ayant au moins 200 patients attribués et qui ont prescrit des antibiotiques à au moins dix patients en 2007.

Le feedback peut servir d’instrument pour l’auto-évaluation et la promotion de la qualité, entre autres, lors des discussions au sein des GLEM (groupes locaux d'évaluation médicale).

Le feedback antibiotiques maisons médicales, qui sera également envoyé à septante maisons médicales en décembre, fournit des chiffres globaux par maison médicale. Dans une maison médicale les patients sont attribués à la maison médicale ; une analyse individuelle par médecin n’est donc pas possible.

Le feedback antibiotiques a trois objectifs :

1. Informer les médecins généralistes au sujet des recommandations scientifiques les plus récentes en matière de prescriptions ambulatoires de traitements anti-infectieux.

2. Fournir des données chiffrées sur leur prescription personnelle de médicaments.

3. Stimuler une utilisation rationnelle des antibiotiques, indispensable pour freiner l'extension des résistances bactériennes

Dans le feedback individuel médecins généralistes, les données de prescription individuelles du médecin généraliste sont comparées à celles des autres médecins généralistes de son GLEM et à celles de tous les médecins généralistes belges.

Dans le feedback maisons médicales, les prescriptions globales d’antibiotiques sont comparées aux prescriptions de toutes les maisons médicales en Belgique.

Une comparaison des données de prescription individuelles avec celles des autres médecins généralistes de la province ou de la région ne fait pas partie des principes du feedback .

La ventilation de ces données requiert une analyse supplémentaire.

À cet effet, une nouvelle mission devrait être attribuée à l’AIM qui traite les données pour ce feedback.

En ce qui concerne le feedback dépistage du cancer du sein envoyé aux médecins généralistes, gynécologues et radiologues, une analyse régionale a bien été effectuée en 2006 car la programmation de ce dépistage est organisée au niveau régional. Un deuxième feedback sur le dépistage du cancer du sein a été envoyé début novembre 2009 à ces professionnels.

Les maisons médicales recevront aussi, pour la première fois, un feedback analogue sur base des données composées de tous les médecins travaillant dans la maison médicale.